mardi 22 août 2017

Toiles bretagnes Christian Saint-Paul






De retour de Bretagne, le poète occitan Christian Saint-Paul, " peint sur toile " sa traversée. Ses mots dévoilent la finesse d'un " tissage subtil d'émotions et de sensations " évoqué par Alem Surre Garcia dans sa préface. :
"Avec " Toiles bretagnes ", Christian Saint-Paul nous propose, sous forme de ballade, un tissage subtil de sensations et d'émotions. Il affronte sa propre solitude parmi les sables et les forêts " aux confins secrets ". Les villes sont muettes et les rues désertées. Les temps héroïques où les hommes succombaient en nombre sont rappelés sur des stèles de granit tant il est vrai que " Les guerres devancent la mort " et que " le lointain se fond dans le proche ".

- Le titre fait écho à " les bretagnes ", ces fines toiles de lin tissées dans la région de Quintin, du moyen âge à la révolution industrielle. -
Toiles bretagnes  Christian Saint-Paul préface Alem Surre Garcia
 Monde en poésie éditions 2017, 12 €
Commande du livre

Retrouvez l'auteur Christian Saint-Paul tous les jeudis de 20h à 21h émission radiophonique sur  la poésie dans le monde Radio Occitania 98.3 MHZ diffusée de façon pérenne sur le site 
http://les-poetes.fr/


NOTES DE LECTURE 

Alain Gabriel Monot nous dit " J'aime chez Christian Saint-Paul, la fidélité aux lieux de Bretagne, essentiellement coastarmoricains mais aussi à ces "géants modestes" que furent Armand Robin et Georges Perros. Sa poésie est en somme une géographie très intime doublée d'une belle mémoire" Nous le remercions pour ce premier regard critique posé sur "Toiles bretagnes."

Michel Baglin auteur et poète évoque "Toiles bretagnes" dans la revue Texture en ligne en novembre 2017.
"Animateur depuis des décennies de l’émission Les Poètes sur Radio Occitania à Toulouse et poète lui-même ayant consacré plusieurs recueils à l’Espagne, terre de sa prédilection, Christian Saint-Paul (portrait) n’en est pas moins amoureux de la Bretagne. Il la chante avec ce nouvel opus, non seulement comme toile de fond, mais comme sujet de ses poèmes. 
L’auteur les offre comme un « poème radiophonique en forme de récit » et il est vrai qu’il s’agit là d’une poésie narrative, racontant une balade en pays celtique. On y fait halte avec lui en divers lieux – sites, villes, régions – de Nantes à Saint-Malo, via Douarnenez, Vannes, La Brière, Lamballe, Dinan, Saint-Brieuc, etc. Et toujours en bonne compagnie, puisque c’est aux côtés de poètes, les Cadou, Max Jacob, Armand Robin, Georges Perros, Louis Guilloux, Le Quintrec, Jean Laugier et bien d’autres que l’on chemine.
Car il s’agit bien d’une poésie d’évocations, qui mêle l’histoire (les rappels de faits anciens y sont nombreux), la géographie (la géopoétique de Kenneth White n’est pas si loin) et la littérature, voire la spiritualité. On y voit Guilloux discutant avec Jean Grenier sur la place de Saint-Brieuc, Colette écrivant sur les chats à Bréhat, Perros dans sa maison de pêcheur et Saint-Pol Roux dans son manoir. Mais aussi les « paludiers entretenant les étiers / cueillant la salicorne ».
Christian Saint-Paul cherche en Bretagne des parentés avec son Occitanie, en les disant sœurs. Il en trouve au moins une en regardant l’océan, qui n’est pas si éloigné de la Méditerranée, car « toutes les mers sont la mer / Nous y voyons couler les millénaires ».
Cet ouvrage reprend aussi sous le titre « Le Trégor » une évocation de cette région parue à Encres Vivessous le titre « Hodié mihi, cras tibi » il y a quelques année (lire ici

Enfin le recueil se clôt sur la retranscription d’une intervention, « Où se niche la poésie ? », donnée lors d’une table ronde du salon du livre Gourmets de Lettres à Toulouse. Un texte en prose dénonçant notamment l’approche de la poésie par les médias qui l’emprisonnent dans les lieux communs.(...) "



Georges Cathalo auteur et critique évoque Toiles  bretagnes dans la revue Texture en ligne , décembre 2017.

En ouverture de ce beau livre, la sobre préface d’Alem Surre-Garcia est là pour indiquer la voie à suivre, « sous forme de balade », afin d’amorcer dans les meilleures conditions ce parcours poético-touristique au fil d’une Bretagne plurielle qui n’en aura jamais fini de révéler ses charmes. Il est hors de question de faire un inventaire exhaustif ou comparatif des différents sites parcourus par le poète, de l’île de Bréhat à Perros-Guirec ou de Morlaix à Lamballe puisqu’ici, « le perpétuel est l’éternel ». Au fil de toutes ces randonnées, on croise les fantômes des poètes qui ont marqué la Bretagne au fer rouge : Armand Robin, Max Jacob, Georges Perros,… En prenant des chemins de traverse, écrit Saint-Paul, « j’ai mis mes pas dans les pas des poètes » et « ces lieux élus sont nos pare-feu ». Le ciel, la terre et la mer conjuguent en permanence leurs charmes et leurs mystères « avec la finesse d’une étoffe de lin / et la solidité des toiles bretagnes ». Après un long « poème radiophonique en forme de récit », l’auteur a tenu à boucler ce livre par un court essai intitulé « Où se niche la poésie ? », essai truffé de références et de subtiles observations qui s’achèvent sur une note d’espoir : « La poésie n’est pas exsangue » car « n’y viennent que les plus disponibles ».

Véronique Elfakir auteur & psychanalyste, évoque Toiles bretagnes dans La revue en ligne Recours au poème. En voici un extrait :
Christian Saint-Paul, toulousain d’origine, nous propose ici un voyage en terre bretonne. Chaque ville traversée fait l’objet d’un texte qui entrelace à la fois  des descriptions de lieux, des rencontres, des sensations ou images fugitives avec des citations empruntées à tous ces poètes bretons qui accompagnent ses pas : G. Perros, Arman Robin,  Max Jacob, Yvon Le Men par exemple. Ainsi le cheminement réel se double d’une pérégrination littéraire. L’imaginaire accompagne cette réalité  rugueuse et âpre en sa sauvage beauté où il s’agit de se laisser guider et enseigner par le ressac de la mer quelques vérités parfois amères :

« Il nous fallut encore apprendre la mer
Cette mer qui va et vient et repart
Vers des énigmes d’îles et de tempêtes
Et s’endort faussement paisible du sommeil
De l’après-désespoir. » (p.13)