Toiles bretagnes Christian Saint-Paul

Toiles bretagnes Christian Saint-Paul





De retour de Bretagne, le poète occitan Christian Saint-Paul, " peint sur toile " sa traversée. Ses mots dévoilent la finesse d'un " tissage subtil d'émotions et de sensations " évoqué par Alem Surre Garcia dans sa préface. :
"Avec " Toiles bretagnes ", Christian Saint-Paul nous propose, sous forme de ballade, un tissage subtil de sensations et d'émotions. Il affronte sa propre solitude parmi les sables et les forêts " aux confins secrets ". Les villes sont muettes et les rues désertées. Les temps héroïques où les hommes succombaient en nombre sont rappelés sur des stèles de granit tant il est vrai que " Les guerres devancent la mort " et que " le lointain se fond dans le proche ".

- Le titre fait écho à " les bretagnes ", ces fines toiles de lin tissées dans la région de Quintin, du moyen âge à la révolution industrielle. -
Toiles bretagnes  Christian Saint-Paul préface Alem Surre Garcia
 Monde en poésie éditions 2017, 12 €
Commande du livre

Retrouvez l'auteur Christian Saint-Paul tous les jeudis de 20h à 21h émission radiophonique sur  la poésie dans le monde Radio Occitania 98.3 MHZ diffusée de façon pérenne sur le site 
http://les-poetes.fr/




NOTES DE LECTURE 


Alain Gabriel MONOT nous dit " J'aime chez Christian Saint-Paul, la fidélité aux lieux de Bretagne, essentiellement coastarmoricains mais aussi à ces "géants modestes" que furent Armand Robin et Georges Perros. Sa poésie est en somme une géographie très intime doublée d'une belle mémoire" Nous le remercions pour ce premier regard critique posé sur "Toiles bretagnes."



Michel BAGLIN auteur et poète évoque "Toiles bretagnes" dans la revue Texture en ligne en novembre 2017.
"Animateur depuis des décennies de l’émission Les Poètes sur Radio Occitania à Toulouse et poète lui-même ayant consacré plusieurs recueils à l’Espagne, terre de sa prédilection, Christian Saint-Paul (portrait) n’en est pas moins amoureux de la Bretagne. Il la chante avec ce nouvel opus, non seulement comme toile de fond, mais comme sujet de ses poèmes. 
L’auteur les offre comme un « poème radiophonique en forme de récit » et il est vrai qu’il s’agit là d’une poésie narrative, racontant une balade en pays celtique. On y fait halte avec lui en divers lieux – sites, villes, régions – de Nantes à Saint-Malo, via Douarnenez, Vannes, La Brière, Lamballe, Dinan, Saint-Brieuc, etc. Et toujours en bonne compagnie, puisque c’est aux côtés de poètes, les Cadou, Max Jacob, Armand Robin, Georges Perros, Louis Guilloux, Le Quintrec, Jean Laugier et bien d’autres que l’on chemine.
Car il s’agit bien d’une poésie d’évocations, qui mêle l’histoire (les rappels de faits anciens y sont nombreux), la géographie (la géopoétique de Kenneth White n’est pas si loin) et la littérature, voire la spiritualité. On y voit Guilloux discutant avec Jean Grenier sur la place de Saint-Brieuc, Colette écrivant sur les chats à Bréhat, Perros dans sa maison de pêcheur et Saint-Pol Roux dans son manoir. Mais aussi les « paludiers entretenant les étiers / cueillant la salicorne ».
Christian Saint-Paul cherche en Bretagne des parentés avec son Occitanie, en les disant sœurs. Il en trouve au moins une en regardant l’océan, qui n’est pas si éloigné de la Méditerranée, car « toutes les mers sont la mer / Nous y voyons couler les millénaires ».
Cet ouvrage reprend aussi sous le titre « Le Trégor » une évocation de cette région parue à Encres Vivessous le titre « Hodié mihi, cras tibi » il y a quelques année (lire ici

Enfin le recueil se clôt sur la retranscription d’une intervention, « Où se niche la poésie ? », donnée lors d’une table ronde du salon du livre Gourmets de Lettres à Toulouse. Un texte en prose dénonçant notamment l’approche de la poésie par les médias qui l’emprisonnent dans les lieux communs.(...) "





Georges CATHALO auteur et critique évoque Toiles  bretagnes dans la revue Texture en ligne , décembre 2017.

En ouverture de ce beau livre, la sobre préface d’Alem Surre-Garcia est là pour indiquer la voie à suivre, « sous forme de balade », afin d’amorcer dans les meilleures conditions ce parcours poético-touristique au fil d’une Bretagne plurielle qui n’en aura jamais fini de révéler ses charmes. Il est hors de question de faire un inventaire exhaustif ou comparatif des différents sites parcourus par le poète, de l’île de Bréhat à Perros-Guirec ou de Morlaix à Lamballe puisqu’ici, « le perpétuel est l’éternel ». Au fil de toutes ces randonnées, on croise les fantômes des poètes qui ont marqué la Bretagne au fer rouge : Armand Robin, Max Jacob, Georges Perros,… En prenant des chemins de traverse, écrit Saint-Paul, « j’ai mis mes pas dans les pas des poètes » et « ces lieux élus sont nos pare-feu ». Le ciel, la terre et la mer conjuguent en permanence leurs charmes et leurs mystères « avec la finesse d’une étoffe de lin / et la solidité des toiles bretagnes ». Après un long « poème radiophonique en forme de récit », l’auteur a tenu à boucler ce livre par un court essai intitulé « Où se niche la poésie ? », essai truffé de références et de subtiles observations qui s’achèvent sur une note d’espoir : « La poésie n’est pas exsangue » car « n’y viennent que les plus disponibles ».




Andrea GENOVESE auteur Revue Belvédère 51 - Janvier et Février 2018 A découvrir sur le site de l'auteur Bibliothèque Belvédère - PDF page 10




Véronique ELFAKIR auteur & psychanalyste, évoque en janvier 2018 Toiles bretagnes dans La revue en ligne Recours au poème. En voici un extrait :
Christian Saint-Paul, toulousain d’origine, nous propose ici un voyage en terre bretonne. Chaque ville traversée fait l’objet d’un texte qui entrelace à la fois  des descriptions de lieux, des rencontres, des sensations ou images fugitives avec des citations empruntées à tous ces poètes bretons qui accompagnent ses pas : G. Perros, Arman Robin,  Max Jacob, Yvon Le Men par exemple. Ainsi le cheminement réel se double d’une pérégrination littéraire. L’imaginaire accompagne cette réalité  rugueuse et âpre en sa sauvage beauté où il s’agit de se laisser guider et enseigner par le ressac de la mer quelques vérités parfois amères :


« Il nous fallut encore apprendre la mer

Cette mer qui va et vient et repart

Vers des énigmes d’îles et de tempêtes

Et s’endort faussement paisible du sommeil

De l’après-désespoir. » (p.13)





Jean-Michel TARTAYRE auteur et poète, Février 2018


Toiles bretagnes est un recueil de Christian Saint-Paul qui éclaire le lecteur sur plusieurs points de sa poétique.

D’abord, on peut penser au lyrisme critique, notamment mentionné par Jean-Michel Maulpoix ou encore Antoine Emaz, ce dans la mesure où Christian Saint-Paul, dans les trois sous-ensembles qui composent Toiles bretagnes, mêle à l’émotion un savoir d’érudit dans chacun de ses textes, une émotion au demeurant qui relève davantage de la sérénité ou de la complétude que de l’exagération ou de la démesure. Le lyrisme chez Saint-Paul est très ténu.

Ensuite, dans le premier sous-ensemble éponyme « Toiles bretagnes », comme dans le second intitulé « Le Tregor », il se pose à la fois en observateur des lieux et des paysages où il s’inscrit, et en historien. Chacun de ses poèmes, ou plutôt, son poème breton, nous plonge dans maintes périodes historiques de la région, qui s’étendent du Moyen-Âge à aujourd’hui, via les tragiques épisodes des deux guerres mondiales : « … dans les vitraux de l’année de la guerre 1939 […] Mais le monde ne s’est pas engourdi ». À ces références spatio-temporelles précises, le poète ajoute sa pensée critique, relevant de sa philosophie de vie et de son expérience de lecteur ; ainsi : « Ne pas regarder négligemment vers Dieu ». Et cette pensée, ce jugement, font partie intégrante, semble-t-il, de la poétique de Saint-Paul, comme le fait d’associer un grand poète ou un écrivain aux lieux dans lesquels il se situe ; dans son poème sur Dinan, par exemple, où il cite Charles Duclos : « Mais gens de lettres / sont gens de bien // Charles Duclos écrivain académicien / maire de la ville en 1746 […] pour jeter leur ombre / sur les feux de la guerre ». Les lieux sont de fait chez Saint-Paul le motif de son poème et, par là même, de son érudition.

Une démarche enfin qui ne peut aller sans la dimension de plaisir, écrit-il dans le troisième sous-ensemble, qui est un discours rédigé, prononcé, à l’occasion du Salon du Livre des Gourmets de Lettres, au mois d’octobre 2016, et fondé sur la problématique suivante : « Où se niche la poésie ? » : « Claude Vigée m’avait certifié qu’écrire un poème ou faire l’amour relevait du même plaisir […] la poésie niche dans le plaisir. » Et c’est bien ce que l’on éprouve en lisant Toiles bretagnes, car le poète Christian Saint-Paul est avant tout un homme du verbe, un « homme de paroles », pour reprendre une œuvre de Claude Hagège ; c’est-à-dire, « un inventeur », et qui aime à le faire partager sur les ondes comme dans ses ouvrages avec une réelle appétence et une non moins réelle volonté. Citant Federico Garcia Lorca, il dit : « C’est Federico Garcia Lorca qui a raison : ʺ Ce nest pas de partisans que la poésie a besoin, mais damants. Elle se couvre de ronces épineuses et d’éclats de verre, afin que celui-ci qui étend sur elle sa main s’ensanglante.ʺ » Alem Surre Garcia, qui a préfacé cet ensemble, écrit ceci : « L’auteur se risque à l’inventaire des silences, des détresses et des ʺfausses immobilités marines.ʺ » Ce terme de « fausses immobilités marines » confirme, je crois, l’adhésion que Christian Saint-Paul manifeste à l’égard du langage poétique et de sa complexité, en particulier lorsqu’il le passe dans le filtre des lieux.


Marie-Josée CHRISTIEN Auteur et poète a lu pour vous :


Christian Saint-Paul, Toiles bretagnes, préface de Alem Surre Garcia (Monde en Poésie éditions, 2017), 12 €

Fasciné par « ces ciels de Bretagne / Qui font accourir les peintres / Et les poètes / Pleins de mots qui brûlent », le poète occitan Christian Saint-Paul voyage ici en terre bretonne. Le texte principal qui donne son titre à l’ouvrage était à l’origine un poème radiophonique pour l’émission que l’auteur anime avec passion  sur Radio Occitania.

Christian Saint-Paul nous livre sa pérégrination géographique et littéraire dans une Bretagne singulière qui se décline au pluriel. « Bretagne est univers », affirmait  Saint-Pol-Roux, poète méridional venu s’installer en 1898 à la pointe du Finistère. Christian Saint-Paul l’écrit à sa façon. Lisant ces pages, on ne peut s’empêcher de penser également au Livre de l’Emeraude  d’André Suarès, qui a parcouru la Bretagne à la fin du 19ème siècle. C’est pourtant sur les traces d’écrivains disparus du 20ème siècle, Georges Perros, Armand Robin, Max Jacob, Louis Guilloux, René Guy Cadou, que Christian Saint-Paul met ses pas. A la fois carnet de voyage et récit poétique, le texte est un « tissage subtil de sensations et d’émotions » (Alem Surre Garcia). Christian Saint-Paul ne se contente pas d’apprécier d’être loin « du clinquant parisien / des glorioles de pacotille ».  De la Bretagne, il a d’emblée « reconnu son Histoire / dans l’Histoire de l’Occitanie / quand on arrache l’ortie cathare ». Dans la réminiscence des toiles de lin des  navires qui firent la prospérité de la Bretagne, il esquisse une suite d’eaux-fortes et de toiles en poésie, captée dans la vivifiante solitude des chemins de traverse.  Avec clairvoyance, il perçoit la « connivence des époques qui se tiennent la main » : « la roche magmatique / venue des profondeurs », « la vérité des marées », « la colère ouvrière pour épopée / des conserveries de sardines », « la dignité et la fierté de son peuple ».